28 mars 2007

De la bureaucratie


N'ayant pas lu le livre "Vers un management post bureaucratique" de Sylvie Trosa, je resterais prudent mais en lisant la quatrième de couverture, je suis frappé du vocable employé "management" et "gouvernance" dans le cadre public. C'est vrai après tout, un service public est une organisation qui a des objectifs, un planning, des effectifs, un budget donc pourrait utiliser les mêmes outils et processus que dans le monde de l'entreprise.
Cependant, soyez certain que la bureaucratie est l'une des choses les mieux partagées dans ce monde et pas seulement pas les administrations publiques, l'état ou les collectivités territoriales.
Je ne sais pas si vous êtes familier du monde de l'entreprise mais toutes les entreprises ne sont pas GOOGLE. Je crois que la bureaucratie est inhérente à la taille d'une organisation et à notre relation culturelle au travail et à la réussite mais ceci est un autre débat...

12 février 2007

La lettre de mère Ségolène

Pour ceux qui n'ont pas eu le courage de suivre le discours de Ségolène hier après-midi et qui l'auraient miraculeusement retrouvé aujourd'hui, le voici pour vous...
Voici les 100 ou 120 propositions de la candidate .. il y en a pour tout le monde...

21 janvier 2007

Héritage




Dans le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy, les références aux grands hommes de gauche de l'histoire ne m'ont pas choqué... enfin tout cela est bien relatif... Clémenceau fut classé à gauche avant la montée du marxisme en France et finit classé à droite après la grande guerre.... Est-ce que Jaurès ou Blum se reconnaîtraient dans la gauche française d'aujourd'hui... Tout cela est de la politique fiction au même titre que certains gaullistes canal historique qui se collent à chaque virgule des "mémoires d'espoir"... Pour moi, le gaullisme c'est la résistance, la rupture avec la facilité .. le gaullisme c'est le mouvement... c'est l'audace.... et c'est aussi contrairement à ce que certains affirment le réalisme... car le général de Gaulle était très sévère avec la France de son temps avant la guerre sur l'état de l'armée française, après la guerre sur le régime des partis, sur l'indépendance de la France, etc...
Moralité : cultivons notre temps, notre esprit d'indépendance et de notre volonté de vivre ensemble et d'emmener le pays plus haut encore dans le concert des nations..
de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace comme disait Danton un grand homme de gauche il y a longtemps... ou de droite peut être ... je ne sais plus :)

De la Toscane à Paris


Une fois n'est pas coutume, une adresse d'un restaurant divinement bon qui sent bon la Toscane en plein coeur du 5ème arrondissement...

Un serveur sympathique et compétent... une cuisine simple, fraîche et succulente.... un tiramisu grandiose... des vins italiens de qualité... enfin bref à ne pas manquer....

Nonna Inès
1, rue de l'Arbalète
75005 Paris
Tél. : 01 43 37 23 72

31 août 2006

Rétablir le lien entre risque et profit


Ci-joint un excellent article d'Alain Etchegoyen paru dans les Echos sur les rémunérations...

Pendant plusieurs mois, les entreprises ont été agitées par des affaires concernant les rémunérations de quelques dirigeants. Qu'il s'agisse de stock-options, de primes exceptionnelles, d'indemnités de départ ou de retraite, les chiffres rapportés ont indigné l'opinion. Le slogan lancé par Attac, dénonçant l'insécurité sociale des salariés pour l'opposer à la sécurité dorée des dirigeants, s'est nourri des chiffres astronomiques jetés en pâture dans l'espace public. L'image des chefs d'entreprise s'en trouve dégradée. Il faut reconnaître à Laurence Parisot une innovation non négligeable : pour la première fois, le Medef choisit clairement son camp pour éviter une extension du discrédit à l'ensemble des dirigeants qui pâtissent de ces situations exceptionnelles.

On objecte parfois que les revenus faramineux des sportifs - notamment des footballeurs et des pilotes de F1 - ou des artistes de variétés ne provoquent pas la même indignation. Mais trois raisons expliquent cette différence. La première relève du marché du travail, la deuxième de la relation de travail et la troisième des choix effectués par les personnes physiques. En effet, les sportifs opèrent sur un véritable marché. Le mercenariat est la règle la plus courante et l'importance de leurs revenus découle directement des offres. Ce peut être vrai de certains chefs d'entreprise, mais ce n'est guère le cas quand ils doivent leur nomination à des relations politiques. Dans un monde d'infidélités croissantes, le niveau du revenu ou les modes de rémunération (stock-options par exemple) se justifie s'il est besoin de fidéliser des dirigeants que s'arracheraient les entreprises. Ce fut rarement le cas dans les exemples susdits.

La deuxième raison concerne les relations de travail : le revenu d'un sportif ou d'un chanteur n'entre pas en relation directe avec les revenus salariés. Dans le cas des dirigeants d'entreprise, quelque inexacte ou injuste que soit cette représentation, il existe une relation implicite entre les salaires perçus par les uns et les autres. Soit dans la comparaison - hausses salariales limitées face à des chiffres incommensurables -, soit dans une conjonction causale - ce que gagnent les dirigeants est soustrait de l'enveloppe des salariés. C'est l'ancrage même du concept d'exploitation. Enfin, la troisième raison correspond aux choix effectués par les individus : je décide moi-même d'acheter un enregistrement de Johnny ou un billet pour aller au stade. Ces personnalités gagnent certes beaucoup d'argent, mais je reconnais leur talent et le plaisir qu'ils me procurent. On évoque aussi la tolérance des Français vis-à-vis des gagnants au Loto ou à l'Euro Millions qui encaissent des sommes fabuleuses sans travail. Elle est d'un tout autre ordre : le gagnant a gagné comme j'aurais pu ou comme je pourrais gagner.

Il convient enfin de réfuter une objection souvent recommencée. Un dirigeant d'entreprise peut arguer de la création de valeur opérée sous son mandat et soutenir que, au regard de ce qu'il a fait gagner à l'entreprise, ses quelques millions d'euros représentent peu de chose. Mais cet argument heurte le discours le plus commun sur le rôle des équipes dans le succès d'une organisation. Aucun dirigeant ne peut soutenir qu'il est le seul à avoir fait gagner son entreprise.

Nous ne pouvons négliger les éléments démagogiques qui viennent se greffer sur ces affaires. Il est souvent possible d'attiser jalousie et envie. Les ressorts critiques ne sont pas toujours des plus nobles. C'est pourquoi la plupart des entreprises se dotent d'instances qui permettent d'améliorer la gouvernance.

Deux tentations existent qui constituent de réelles menaces pour le dynamisme de notre économie et la vie des entreprises. La première consiste à vouloir toujours légiférer ; la seconde réside dans cette pathologie de la transparence qui mine notre société.

En effet, nous devons d'abord admettre que des hommes et des femmes, même dirigeants d'entreprise, peuvent se conduire bien ou se conduire mal. Il faut accepter cette idée, voire la sauvegarder. Puisqu'il n'y a pas mort d'homme (!), il faut leur laisser cette liberté qui est la condition même de toute éthique : on ne peut agir bien que si on peut agir mal ! C'est ensuite l'organisation de la gouvernance qui doit permettre d'identifier les responsabilités. On déduit, en second lieu, que les administrateurs ou membres d'un comité des rémunérations sont considérés comme responsables s'ils ont eux-mêmes mal agi ou couvert de mauvaises actions sans qu'une transparence de nature policière ne se substitue à leur responsabilité.

Mais, au-delà de ces affaires, le trouble principal provient de la difficulté contemporaine à établir une connexion effective entre le risque et le profit. Le créateur d'entreprise, l'entrepreneur qui risque ses économies ou son capital dans l'activité économique qu'il met en oeuvre ne trouble guère l'ordre public si un profit significatif vient couronner son succès. On sait, en effet, qu'il aurait lui-même payé son échec. Or les dérives financières du capitalisme moderne ont de plus en plus obéré ce lien essentiel entre risque et profit : au-delà des quelques cas scandaleux, la distribution de dividendes aux actionnaires, dans une entreprise cotée qui connaît un résultat négatif, fait perdre maints repères. Les argumentations qui les justifient en évoquant le danger d'une chute des cours sont difficilement intelligibles par l'opinion.

La causalité entre risque et profit doit être réhabilitée. C'est une tâche difficile. Dans une économie et une société qui expriment trop souvent le profond désir d'exclure toute forme de risque - principe de précaution, obsession de la prévention, protections renforcées, etc. -, il faut réapprendre la distinction entre le risque et le danger et montrer la force et les enjeux d'une liberté qui ne s'enferme pas dans une conception étroite de la sécurité. Des mots à connotation positive comme innovation, invention ou création doivent enrichir le contenu du concept de risque pour légitimer sa connexion avec le profit. Cette dernière notion reste elle-même suspecte car on s'imagine que le profit s'ancre dans un processus qui consiste à profiter des uns ou des autres.

La relation entre risque et profit ne saurait être dogmatique, ni didactique. Elle suppose, pour échapper à d'archaïques clivages idéologiques, un travail sur les arguments, les mots, leurs contenus et leurs connotations. Un travail étayé par des exemples et des contre-exemples. Un travail qui se substitue aux lois, règlements, codes éthiques ou règles de bonne conduite et sollicite davantage l'intelligence et la conscience communes. On ne fonde jamais la confiance sur l'accumulation des procédures de défiance.

ALAIN ETCHEGOYEN est professeur de philosophie.

13 mai 2006

Les 7 propositions communistes pour changer vraiment la vie

  1. S’attaquer vraiment au chômage et à la précarité en faisant de l’emploi et de la formation la première priorité nationale : abrogation du CNE et transformation des CDD en CDI avec période de formation si nécessaire et nouvelle réduction du temps de travail
  2. Salaires : un relèvement massif du pouvoir d’achat populaire (SMIC à 1500€ pour 35h, +5% pour les fonctionnaires
  3. Un nouvel essor des droits sociaux pour enrayer l’insécurité sociale : retraite à 60 ans avec 75% du salaire des 10 meilleures années, construction de 600000 HLM en 5 ans
  4. Étendre et démocratiser les services publics : retour sur les privatisations d'EDF-GDF
  5. La lutte contre les discriminations doit être déclarée grande cause nationale pour toute la durée de la législature
  6. Vivre librement dans la sécurité : abroger toutes les lois répressives qui mettent en danger les libertés
  7. Garantir la souveraineté alimentaire,agir pour un développement durable et solidaire

Sans commentaires

11 mai 2006

De la méthode de gouverner


La légitimité acquise par les urnes est capitale et nécessite une clarté des propositions et du calendrier lors de la campagne précédente.

Néanmoins, ne révons pas.. pour tout un tas de raisons (société mieux informée et multiplications des agents économiques et politiques), la "fenêtre de tir" si j'ose dire après une élection présidentielle ou législative est réduite comparée à celles des décennies précédentes.

Dès lors, la méthode de gouvernement prend son importance (je ne parlerai pas de gouvernance qui est un concept un peu trop usité ces temps-ci et que je restreindrais au monde de l'entreprise) : beaucoup d'analystes évoquent la modernisation des syndicats dans leur structure et leur méthode mais celle du gouvernement doit aussi évoluer.
Je partage les raisons des blocages (clarté, consultation / responsabilité) mais je crois qu'une autre raison est celle de la base de la négociation qui est trop étroite de mon point de vue.
Une négociation limitée sur les retraites puis une limitée sur la sécurité sociale puis une limitée sur la réforme de l'état, etc.. Cette succession de micro négociation nous coupe de marge de manoeuvre importante.
Ne pourrait-on pas imaginer qu'on négocie un contrat de travail unique (avec plus de flexibilité) avec les syndicats contre la sécurité sociale professionnelle ? ou la mise en place d'un vrai revenu d'insertion (avec des droits et des DEVOIRS) contre l'allongement de la durée des cotisations pour la retraite ?
Ne nous y trompons pas ... c'est une vraie révolution culturelle vers laquelle la France doit s'engager : le temps de la négociation et de la responsabilité est une affaire de tous : des syndicats, du patronat, du gouvernement et finalement de nous mêmes.

10 mai 2006

Pour ou contre Peter Handke

Petit Rappel : la pièce de théatre de Peter Handke a été déprogrammée par l'administrateur de la Comédie française au motif que celui-ci a assisté aux obsèques de Slobodan Milosevic à Belgrade.

C'est l'éternelle question de la distinction de l'oeuvre et de l'auteur.
Je suis en effet partisan de cette distinction : pour autant qu'Handke soit un grand artiste et son oeuvre digne d'intérêt et d'admiration, elle doit être présentée à la Comédie française.
Mais j'élargis la question de la liberté d'expression : quid des oeuvres véhiculant des idées contre les fondements même de notre liberté ? En deça de l'interdiction, nos armes sont le débat d'idée, la rhétorique, le pouvoir de conviction et notre fierté de ce que l'on est et de ce que l'on pense...
Contrairement à une idée reçue, la liberté est loin d'être un combat gagné dans notre pays et les forces qui tentent de la compresser sont permanentes ... et je ne parle pas que d'un point de vue économique...